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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/52

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frère, estimant l’occasion favorable pour l’amadouer. Et maintenant, tu sais, il faudra que tu restes ici jusqu’à ce que je t’aie fait signe ! Je dirai que l’oncle Joseph se repose à l’air reconstituant de la Forêt-Neuve. Impossible que nous rentrions à Londres ensemble, toi et moi : jamais nous ne pourrions expliquer l’absence de l’oncle !

Le nez de Jean s’allongea.

— Hé là, mon petit ! déclara-t-il. Pas de ça, hein ! Tu n’as qu’à rester toi-même dans ce trou ! Moi, je ne veux pas !

Maurice eut conscience qu’il rougissait. Coûte que coûte, il fallait que Jean acceptât de rester !

— Je te prie, Jeannot, dit-il, de te rappeler le montant de la tontine ! Si je réussis, nous aurons chacun vingt mille livres à placer en banque ! oui, et même plus près de trente que de vingt, avec les intérêts !

— Oui, mais si tu échoues ! répliqua Jean. Qu’arrivera-t-il en ce cas ? Quelle sera la couleur du placement en banque ?

— Je me chargerai de tous les frais ! déclara Maurice après une longue pause. Tu ne perdras pas un sou !

— Allons ! dit Jean avec un gros rire, si toutes les dépenses sont pour toi, et pour moi la moitié