Ouvrir le menu principal

Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/51

Cette page a été validée par deux contributeurs.


que Maurice, à force d’explorer la maison, avait le bonheur de retrouver le couvercle du baril, sur une des planches de la cuisine. Ainsi le matériel d’emballage était là, au complet ! À défaut de paille, les couvertures du lit pourraient fort bien servir à caler l’objet dans le baril ; aussi bien ces couvertures étaient si sales que les deux frères ne pouvaient songer à en faire un meilleur usage. Maurice, voyant les obstacles s’aplanir, se sentit pénétré d’un sentiment qui ressemblait à de l’exaltation.

Et cependant il y avait encore un obstacle à aplanir : Jean allait-il consentir à demeurer seul dans le cottage ? Maurice hésita longtemps avant d’oser lui poser la question.

N’importe : ce fut avec une bonne humeur réelle que les deux frères s’assirent aux deux côtés de la table en bois blanc, et attaquèrent le carré de porc. Maurice triomphait de sa conquête du couvercle ; et le Grand Vance se plaisait à approuver les paroles de son frère, dans le véritable style du café-concert, en cognant en cadence son verre sur la table.

— L’affaire est dans le sac ! s’écria-t-il enfin. Je t’avais toujours dit que c’était un baril qui convenait, pour l’expédition du colis !

— Oui, c’est vrai, tu avais raison ! reprit son