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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/47

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— Non, nous errons sur une fausse piste ! cria enfin Maurice. La chose doit être étudiée avec plus de soin ! Suppose maintenant, — reprit-il après un silence, parlant par morceaux de phrases comme s’il pensait tout haut, — suppose que nous louions une villa au mois ! Le locataire d’une villa peut acheter une caisse d’emballage sans qu’on s’avise de s’en étonner. Et puis, suppose que nous louions la maison aujourd’hui même, que, ce soir, j’achète la caisse, et que, demain matin, dans une charrette à bras que je me charge parfaitement de conduire seul, j’emmène la caisse à Ringwood, ou à Lyndhurst, ou, enfin, à n’importe quelle gare ! Rien ne nous empêche d’inscrire dessus : Échantillons, hein ? Johnny, je crois que, cette fois, j’ai mis le doigt sur le joint !

— Au fait, cela paraît faisable ! reconnut Jean.

— Il va sans dire que nous prenons des pseudonymes ! poursuivit Maurice. Ce ne serait pas à faire, de garder nos vrais noms ! Que penserais-tu de « Masterman », par exemple ? Cela vous a un air digne et posé !

— Ta, ta, ta ! je ne veux pas m’appeler Masterman ! répliqua son frère. Tu peux prendre le nom pour toi, si cela te plaît ! Quant à moi, je m’appellerai Vance, le Grand Vance : « sans rémission les six derniers soirs » ! Voilà un nom, au moins !