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est mort, et depuis longtemps déjà ! Mais ce n’est pas dans le sens de la tontine et j’espère que, dans ce sens-là, bien des années se passeront avant qu’il ne meure. Notre cher oncle Joseph l’a vu, ce matin même. Il vous dira que mon père est en vie, bien que, hélas ! son intelligence se soit à jamais éteinte !

— Il ne m’a pas reconnu ! — dit Joseph. Et pour rendre justice à ce vieux raseur, je dois ajouter que sa voix, en disant ces mots, frémissait d’une émotion sincère.

— Eh bien ! je vous retrouve là, monsieur Maurice Finsbury ! s’écria le Grand Vance. Mille diables, quel idiot vous vous êtes montré !

— Quant à la ridicule et fâcheuse servitude où vous avez réduit l’oncle Joseph, reprit Michel, celle-là aussi a déjà trop duré ! J’ai préparé ici un acte par lequel vous rendez à votre oncle toute sa liberté, et le dégagez de toute obligation envers vous ! Vous allez d’abord, si vous voulez bien, y apposer votre signature !

— Quoi ! cria Maurice, et que je perde mes 7.800 livres, et mon commerce de cuirs, et tout cela sans aucun profit en échange ! Merci bien !

— Votre reconnaissance ne me surprend pas, Maurice ! commença Michel.