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sa gauche un vieux monsieur en lunettes, avec une vénérable chevelure d’argent.

— Ma parole, c’est l’oncle Joe ! s’écria Jean.

Maurice se frotta les yeux, plus ébahi qu’il ne l’avait encore été de tous les cauchemars des jours précédents. Puis, tout à coup, il s’avança vers son oncle, tout tremblant de fureur.

— Je vais vous dire ce que vous avez fait, vieux coquin ! cria-t-il. Vous vous êtes évadé !

— Bonjour, Maurice Finsbury ! répondit l’oncle Joseph, mais avec plus d’animosité que n’en laisseraient supposer ces indulgentes paroles. Vous paraissez souffrant, mon ami !

— Inutile de vous agiter, messieurs ! observa Michel. Maurice, essayez plutôt de regarder les faits bien en face ! Votre oncle, comme vous voyez, n’a pas eu trop à souffrir de la « secousse » de l’accident ; et un homme de cœur tel que vous ne peut manquer d’en être ravi !

— Mais alors, si c’est ainsi, balbutia Maurice, qu’est-ce que c’était que le corps ? Serait-ce vraiment possible, que cette chose qui m’a causé tant de souci et d’alarme, qui m’a tant usé l’esprit, cette chose que j’ai colportée de mes propres mains, n’ait été que le cadavre d’un étranger quelconque ?

— Oh ! si l’idée vous afflige trop, vous pouvez