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son compagnon. Quant à Maurice, lorsqu’il entendit son cousin appelé, par un étranger, de ce nom fantastique, il eut plus pleinement encore la conviction qu’il était victime d’un long, grotesque, et hideux cauchemar. Et lorsque, ensuite, Michel, avec l’invraisemblable broussaille de ses favoris, se fut dégagé de l’étreinte de l’étranger, et eut pris la fuite, et lorsque le singulier petit homme au col rabattu eut lestement suivi son exemple, et lorsque l’étranger, désolé de voir échapper le reste de sa proie, transporta sa vigoureuse étreinte sur Maurice lui-même, celui-ci, dans l’excès de son effarement, ne put que se murmurer à mi-voix : « Je l’avais bien dit ! »

— Je tiens au moins un des membres de la bande ! dit Gédéon Forsyth.

— Que voulez-vous dire ? balbutia Maurice. Je ne comprends pas !

— Oh ! je saurai bien vous faire comprendre ! répliqua résolument Gédéon.

— Écoutez, monsieur, vous me rendrez un vrai service si vous me faites comprendre quoi que ce soit de tout cela ! s’écria soudain Maurice, avec un élan passionné de conviction.

— Vous comptez tirer profit de ce que vous n’êtes pas venu chez moi avec eux ! reprit Gédéon. Mais pas de ça ! J’ai trop bien reconnu