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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/298

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mière impression, en apercevant le véritable Pitman, fut un certain désappointement. Mais un second coup d’œil sur le couple le convainquit que, malgré l’apparence, il ne s’était pas trompé sur le caractère réel du receleur de cadavres. Le fait est que jamais encore il n’avait vu d’hommes accoutrés d’une telle manière. « Évidemment des individus accoutumés à vivre en marge de la société ! » songea-t-il.

Puis, s’adressant à l’homme qui venait de lui parler, il dit :

— Je désire m’entretenir avec vous, seul à seul !

— Oh ! répondit Pitman, la présence de M. Appleby ne saurait me gêner. Il sait tout !

— Tout ? Savez-vous de quoi je suis venu vous parler ? s’écria Maurice. Le baril !…

Pitman devint tout pâle : mais c’était sa vertueuse indignation qui le faisait pâlir.

— Alors, c’est bien vous ! s’écria-t-il à son tour. Misérable !

— Puis-je vraiment parler devant lui ? — demanda Maurice en désignant le complice du bravo. — L’épithète que celui-ci venait de lui adresser, venant d’un tel homme, ne l’émouvait guère.

— Monsieur Appleby a été présent à toute l’affaire ! dit Pitman. C’est lui-même qui a ouvert le