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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/275

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souffrant, dans notre maison de John-Street !

Un fiacre pour l’aller, un fiacre pour le retour : encore deux fortes entailles aux quatre shillings de son capital ! Il calcula que, après le départ de M. Moss, il aurait pour toute fortune au monde dix-sept sous. Mais ce qui était plus fâcheux encore, c’est que, pour se tirer d’embarras, il avait dû maintenant transporter son oncle Joseph à Bloomsbury.

« Hélas ! se disait-il, inutile désormais pour le pauvre Jeannot de s’enfermer dans le Hampshire ! Et quant à savoir comment je pourrai faire durer la farce, je veux être pendu si j’en ai la moindre idée ! Avec mon oncle à Browndean, c’était déjà à peine possible : avec mon oncle à Bloomsbury, cela me paraît au-dessus des forces humaines. Au-dessus de mes forces à moi, en tout cas : car enfin, c’est ce que fait Michel, avec le corps de mon oncle Masterman ! Mais lui, voilà ! il a des complices, cette vieille gouvernante, et sans doute bien des coquins de sa clientèle. Ah ! si seulement je pouvais trouver des complices ! »

La nécessité est la mère de tous les arts humains. Éperonné par elle, Maurice se surprit lui même, en constatant la hâte, la décision et, au total, l’excellente apparence de son nouveau faux. Trois quarts d’heure après, il remettait à M. Moss