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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/27

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— Vraiment ? demanda Michel.

Sur quoi, se levant, il sonna son commis.

Cependant le moment était venu où, de l’avis de sir Faraday Bond — l’illustre médecin dont tout nos lecteurs connaissent certainement le nom, ne serait-ce que pour l’avoir vu au bas de bulletins de santé publiés dans les journaux — l’infortuné Joseph, cette oie dorée, avait à être transporté à l’air plus pur de Bournemouth. Et, avec lui, toute la famille alla s’installer dans cet élégant désert de villas : Julia ravie, parce qu’il lui arrivait parfois, à Bournemouth, de faire des connaissances ; Jean, désolé, car tous ses goûts étaient en ville ; Joseph parfaitement indifférent à l’endroit où il se trouvait, pourvu qu’il eût sous la main une plume, de l’encre, et quelques journaux ; enfin Maurice lui-même assez content, en somme, d’espacer un peu ses visites au bureau et d’avoir du loisir pour réfléchir à sa situation.

Le pauvre garçon était prêt à tous les sacrifices ; tout ce qu’il demandait était de rentrer dans son argent et de pouvoir envoyer promener le commerce des cuirs : de telle sorte que, étant donnée la modération de ses exigences, il lui paraissait bien étrange qu’il ne trouvât pas un moyen d’amener Michel à composition. « Si seulement je pouvais deviner les motifs qui le portent à refu-