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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/269

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que tu te paies ma tête ! Je suis ici dans une purée noire ; sais-tu que je suis forcé de vivre à l’œil, et encore avec une difficulté sans cesse plus grande ? Je n’ai pas de draps de lit, pense bien à ça ! Il me faut de la galette, entends-tu ? J’en ai assez, de cette blague-là ! Tout le monde en aurait assez, à ma place. Je me serais déjà défilé depuis deux jours, si seulement j’avais eu de quoi prendre le train. Allons ! mon vieux Maurice, ne t’entête pas dans ta folie ! Essaie un peu de comprendre mon affreuse position ! Le timbre de cette lettre, je vais avoir à me le procurer à l’œil ! Ma parole d’honneur ! Ton frère bien affectueux, J. Finsbury. »

« Quelle brute ! songea Maurice en mettant la lettre dans sa poche. Que veut-il que je fasse pour lui ? Je vais avoir à me faire raser chez un coiffeur, ma main n’est pas assez ferme ! Comment trouverais-je « de la galette » à envoyer à quelqu’un ? Sa position n’est pas drôle, je le reconnais : mais moi, se figure-t-il que je suis à la fête ?… Du moins il y a dans sa lettre une chose qui me console : il n’a pas le sou, impossible qu’il bouge ! Bon gré, mal gré, il est cloué là-bas ! »

Puis, dans un nouvel élan d’indignation : « Il ose se plaindre, l’animal ! Et il n’a même jamais entendu le nom de Bent Pitman ! Que ferait-il, que