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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/248

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Padwick. Sur le siège d’une grande carriole couverte, un jeune homme d’apparence modeste (et quelque peu stupide, disons le mot !) se tenait assis ; les rênes reposaient mollement sur ses genoux ; le fouet gisait derrière lui, à l’intérieur de la carriole ; le cheval s’avançait sans avoir besoin de direction ni d’encouragement ; et le jeune cocher, transporté dans une sphère supérieure à celle de ses occupations journalières, les yeux levés au ciel, se consacrait entièrement à un flageolet en , tout battant neuf, dont il s’efforçait péniblement d’extraire l’aimable mélodie du Garçon de charrue. Et vraiment, pour un observateur que le hasard aurait amené sur cette prairie, cet instant aurait été d’un intérêt inoubliable. « Enfin, aurait-il pu se dire, enfin voici le débutant du flageolet ! » Le bon et stupide jeune homme (qui s’appelait Harker, et était employé chez un loueur de voitures de Padwick) venait de se bisser lui-même pour la dix-neuvième fois, lorsqu’il fut plongé dans un grand état de confusion en s’apercevant qu’il n’était pas seul.

— Bravo ! s’écria une voix virile, du rebord de la route. Voilà qui fait du bien à entendre ! Peut-être seulement encore un peu de rudesse, au refrain ! — suggéra la voix, sur un ton connaisseur. — Allons, encore une fois !