Ouvrir le menu principal

Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/24

Cette page a été validée par deux contributeurs.


et sans direction, il était devenu le spécialiste des affaires douteuses. On le connaissait comme l’avocat des causes désespérées : on le savait homme à extraire un témoignage d’une bûche, ou à faire produire des intérêts à une mine d’or. Et, en conséquence, son cabinet était assiégé par la nombreuse caste de ceux qui ont encore un peu de réputation à perdre, et qui se trouvent sur le point de perdre ce peu qui leur en reste ; de ceux qui ont fait des connaissances fâcheuses, qui ont égaré des papiers compromettants, ou qui ont à souffrir des tentatives de chantage de leurs anciens domestiques. Dans la vie privée, Michel était un homme de plaisir : mais son expérience professionnelle lui avait donné, par contraste, un grand goût des placements solides et de tout repos. Enfin, détail plus encourageant encore, Maurice savait que son cousin avait toujours pesté contre l’histoire de la tontine.

Ce fut donc avec presque la certitude de réussir que Maurice se présenta devant son cousin, ce matin-là, et, fiévreusement, se mit en devoir de lui exposer son plan. Pendant un bon quart d’heure, l’avoué, sans l’interrompre, le laissa insister sur les avantages manifestes d’un compromis qui permettrait aux deux frères de se partager le total de la tontine. Enfin, Maurice vit son