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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/234

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— Je ne suis pas fou ! dit le jeune homme en se dégageant misérablement de sa cachette. Bien chère miss Hazeltine, je vous jure, à deux genoux, que je ne suis pas fou !

— Vous êtes fou ! s’écria-t-elle, toute haletante.

— Je sais, dit-il, que, pour un œil superficiel, ma conduite peut sembler singulière !

— Si vous n’êtes pas fou, votre conduite était monstrueuse, s’écria la jeune fille en rougissant, et prouvait que vous ne vous souciiez pas le moins du monde de mes tourments !

— Je sais… j’admets cela ! dit courageusement Gédéon.

— C’était une conduite abominable ! insista Julia.

— Je sais qu’elle doit avoir ébranlé votre estime pour moi ! répondit l’avocat. Mais, chère miss Hazeltine, je vous supplie de m’entendre jusqu’au bout ! Ma manière d’agir, pour étrange qu’elle paraisse, n’est cependant pas incapable d’explication. Et le fait est que je ne veux pas et ne puis pas continuer à exister sans… sans l’estime d’une personne que j’admire… Le moment est mal choisi pour parler de cela, je le sens bien, mais je répète mon expression : sans l’estime de la seule personne que j’admire !