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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/232

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ment affreux ! Oh ! et voici un peu de sa musique, aussi ! c’est charmant ! Orange Pekoe, c’était donc cela que le vieux bonhomme appelait une espèce de thé ! » Et Gédéon entendit un petit rire. « Adagio molto expressivo, siempre legato, » lut-elle ensuite (car j’ai oublié de vous dire que Gédéon était très suffisamment outillé pour toute la partie littéraire du métier de compositeur). « Comme c’est singulier, de donner toutes ces indications et de n’écrire que deux ou trois notes ! Oh ! mais voici une feuille où il y en a davantage ! Andante patetico. » Et elle commença à examiner la musique. « Mon Dieu, se dit-elle, cela doit être terriblement moderne, avec tous ces bémols ! Voyons un peu l’air ? C’est étrange, mais il me semble le connaître ! » Elle commença à le fredonner, et, tout à coup, éclata de rire. « Mais c’est Tommy, dérange-toi donc pour ton oncle ! » s’écria-t-elle tout haut, remplissant d’amertume l’âme de Gédéon. « Et Andante patetico, et sept bémols ! cet homme doit être un simple imposteur ! »

Au même instant lui arriva, de sous la table, un bruit confus et bizarre, comme celui que ferait une poule qui éternuerait ; et cet éternuement fut suivi du bruit d’un choc, comme si quelque chose s’était heurté à la table ; et le choc lui-même fut suivi d’un sourd grognement.