Ouvrir le menu principal

Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/23

Cette page a été validée par deux contributeurs.


s’était répandu du voyage de Joseph en Asie Mineure, Masterman, casanier et traditionnel, s’était exprimé avec irritation. « Je trouve la conduite de mon frère simplement indécente ! avait-il murmuré. Retenez ce que je vous dis : il finira par aller jusqu’au Pôle Nord ! Un vrai scandale pour un Finsbury ! » Et ces amères paroles avaient été, plus tard, rapportées au voyageur. Affront pire encore, Masterman avait refusé d’assister à la conférence sur l’Éducation, ses buts, ses objets, son utilité et sa portée, bien qu’une place lui eût été réservée sur l’estrade. Depuis lors, les deux frères ne s’étaient pas revus. Mais, d’autre part, jamais ils ne s’étaient ouvertement querellés : de telle sorte que tout portait à croire qu’un compromis entre eux serait chose facile à conclure. Joseph (de par l’ordre de Maurice) avait à se prévaloir de sa situation de cadet ; et Masterman avait toujours eu la réputation de n’être ni avare ni mauvais coucheur. Oui, tous les éléments d’un compromis entre les deux frères se trouvaient réunis ! Et Maurice, dès le lendemain, — tout animé par la perspective de pouvoir rentrer enfin dans ses 7.800 livres sterling, — se précipita dans le cabinet de son cousin Michel.

Michel Finsbury était une sorte de personnage célèbre. Lancé de très bonne heure dans la loi,