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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/226

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— Quelle idée romantique ! murmura Julia. C’est un monsieur ? Comment est-il ?

Ce dialogue entre le canot et le rivage avait lieu tout contre le pavillon : pas un mot n’en était perdu pour le jeune maëstro.

— C’est un homme à musique, répondit le propriétaire, ou tout au moins voilà ce qu’il m’a dit ! Venu ici pour écrire un opéra !

— Vraiment ? s’écria Julia. Jamais je n’ai rien rêvé d’aussi délicieux. Mais alors, nous pourrons nous glisser jusqu’ici la nuit, et l’entendre improviser ! Comment s’appelle-t-il ?

— Jimson ! dit l’homme.

— Jimson ? répéta Julia, en interrogeant vainement sa mémoire.

Mais, en vérité, notre jeune école de musique anglaise possède tant de beaux génies que nous n’apprenons guère leurs noms que lorsque la reine les nomme baronets.

— Vous êtes sûr que c’est bien ce nom-là ? reprit Julia.

— Il me l’a épelé lui-même ! répondit le propriétaire. Et son opéra s’appelle… attendez donc… une espèce de thé !

— Une Espèce de Thé ! s’écria la jeune fille. Quel titre singulier pour un opéra ! Mon Dieu ! que je voudrais en connaître le sujet ! — Et Gédéon