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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/21

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intelligence ! s’écriait Joseph. Songe un peu à la magnifique occasion de s’instruire qu’il a ici, sous la main, et que cependant il néglige ! La somme de connaissances diverses dont je pourrais lui faire part, Julia, si seulement il consentait à m’écouter, cette somme, il n’y a pas de mots pour t’en donner une idée !

— En tout cas, mon cher oncle, vous devez bien prendre garde de ne pas vous agiter ! observait doucement Julia. Car, vous savez, pour peu que vous ayez l’air d’être souffrant, on enverra aussitôt chercher le médecin !

— C’est vrai, mon enfant, tu as raison ! répondait le vieillard. Oui, je vais essayer de prendre sur moi ! L’étude va me rendre du calme !

Et il allait chercher sa galerie de carnets.

— Je me demande, hasardait-il, je me demande si, pendant que tu travailles de tes mains, cela ne t’intéresserait pas d’entendre…

— Mais oui, mais oui, cela m’intéresserait beaucoup ! — s’écriait Julia. — Allons, lisez-moi une de vos observations !

Aussitôt le carnet était ouvert, et les lunettes raffermies sur le nez, comme si le vieillard voulait empêcher toute rétractation possible de la part de son auditrice.

— Ce que je me propose de te lire aujourd’hui,