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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/197

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— Et qu’est-ce qui vous fait croire que je sois profond ? demanda Maurice avec un air de simplicité amusée.

— Le fait que vous ne voulez pas d’un compromis avec moi ! répondit Michel, qui commençait à s’exprimer avec beaucoup de difficulté. Vous êtes profond, Maurice, très profond, de ne pas vouloir de ce compromis ! Et vous avez là un vin qui est bien bon ! Ce vin est le seul trait respectable de la famille Finsbury. Savez-vous que c’est encore plus rare qu’un titre ! bien plus rare ! Seulement, quand un homme a dans sa cave du vin comme celui-là, je me demande pourquoi il ne veut pas d’un compromis !

— Mais, vous-même, vous n’en vouliez pas, jusqu’ici ! dit Maurice, toujours souriant. À chacun son tour !

— Je me demande pourquoi je n’en ai pas voulu ! Je me demande pourquoi vous n’en voulez pas ! reprit Michel. Je me demande pourquoi chacun de nous pense que l’autre n’a pas voulu du compromis ! Dites donc, savez-vous que c’est là un problème très… très re… très remarquable ? ajouta-t-il, non sans orgueil d’avoir enfin triomphé de tous les obstacles oraux qu’il avait trouvés sur sa route.

— Et quelle raison croyez-vous que j’aie pour refuser ? demanda adroitement Maurice.