Ouvrir le menu principal

Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/195

Cette page a été validée par deux contributeurs.


adresse ? reprit Maurice, qui commençait à entrevoir la possibilité d’intimider son cousin.

— Une insinuation ? répéta Michel. Oh ! ne nous mettons pas à employer de grands mots comme celui-là ! Non, Maurice, essayons plutôt de noyer notre querelle dans une bouteille, comme deux galants cousins ! Les Deux galants cousins, comédie, parfois attribuée à Shakespeare ! ajouta-t-il.

Le cerveau de Maurice travaillait comme un moulin. « Soupçonne-t-il vraiment quelque chose ? Ou bien ne fait-il que parler au hasard ? et que dois-je faire ? Savonner, ou bien attaquer à fond ? En somme, savonner vaut mieux : cela me fera toujours gagner du temps ! »

— Eh bien ! — dit-il tout haut, et avec une pénible affectation de cordialité, — il y a longtemps que nous n’avons point passé une soirée ensemble, Michel, et quoique mes habitudes, comme vous savez, soient extrêmement tempérées, je vais faire aujourd’hui une exception pour vous. Excusez-moi un moment ! Je vais aller chercher dans la cave une bouteille de whisky !

— Pas de whisky pour moi ! dit Michel. Un peu du vieux champagne de l’oncle Joseph, ou rien du tout !

Pendant une seconde, Maurice hésita, car il n’avait plus que quelques bouteilles de ce vieux