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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/192

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Mais avec tout cela, mon cher neveu, je n’ai aucun droit à vivre de votre argent !

— Ne vous inquiétez pas de cela ! fit Michel. Je trouverai bien un moyen de rentrer dans mes fonds !

Après quoi, ayant noté l’adresse du vieillard, il prit congé de lui au coin d’une rue.

« Quel vieux coquin, en vérité ! se dit-il. Et puis, comme la vie est une chose singulière ! Je commence à croire pour de bon que la providence m’a expressément choisi, aujourd’hui, pour la seconder. Voyons un peu ! Qu’ai-je fait depuis ce matin ? J’ai sauvé Pitman, j’ai enseveli un mort, j’ai sauvé mon oncle Joseph, j’ai remonté Forsyth, et, j’ai bu d’innombrables verres de diverses liqueurs. Si maintenant, pour finir la soirée, j’allais faire une visite à mes cousins, et poursuivre auprès d’eux mon rôle providentiel ? Dès demain matin, je verrai sérieusement à tirer mon profit de tous ces événements nouveaux ; mais, ce soir, que la charité seule inspire ma conduite ! »

Vingt minutes après, et pendant que toutes les horloges sonnaient onze heures, le représentant de la Providence descendit d’un fiacre, ordonna au cocher de l’attendre, et sonna à la porte du numéro 16, dans John Street.

La porte fut aussitôt ouverte par Maurice lui-même.