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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/186

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faveur de Michel, se mit à rire, d’un rire sans gaieté.

— Vous avez tant de verve, dit-il, que souvent vous m’amusez à entendre ! Mais j’en reviens à ce principe dont je voulais vous parler. Il consiste, en somme, à s’adapter toujours aux coutumes du pays où l’on est. Or, en France, par exemple, ceux qui veulent manger vont au café ou au restaurant ; en Angleterre, c’est dans des endroits comme celui-ci que le peuple a l’habitude de venir se rafraîchir. J’ai calculé que, avec des sandwichs, du thé, et un verre de bière à l’occasion, un homme seul peut vivre très commodément à Londres pour quatorze livres douze shillings par an !

— Oui, je sais ! répondit Michel. Mais vous avez oublié de compter les vêtements, le linge, et la chaussure. Quant à moi, en comptant les cigares et une petite partie de plaisir de temps à autre, j’arrive fort bien à me tirer d’affaire avec sept ou huit cents livres par an. Ne manquez pas de prendre note de cela, sur vos papiers !

Ce fut la dernière interruption de Michel. En bon neveu, il se résigna à écouter docilement le reste de la conférence qui, de l’économie politique, s’embrancha sur la réforme électorale, puis sur la théorie du baromètre, pour arriver ensuite à l’en-