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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/181

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— Maurice ! qu’est-ce que ce mendiant est venu chercher ici ? demanda Michel.

— Il m’a dit qu’il venait faire une visite, en passant, à M. Masterman ! reprit la gouvernante. Mais moi, voyez-vous, j’ai mon idée sur ce qu’il venait faire. Il a essayé de me corrompre, monsieur Michel ! Me corrompre ! — répéta-t-elle, avec un accès de dédain inimitable.

— Vraiment ? dit Michel. Je parie au moins qu’il n’a pas dû vous offrir une grosse somme !

— Peu importe la somme ! répliqua discrètement Catherine. Mais le fait est que je l’ai renvoyé à ses affaires comme il convenait ! Il ne se pressera pas de revenir ici !

— Vous savez qu’il ne faut pas qu’il voie mon père ! dit Michel. Je n’entends pas exhiber le pauvre vieux à un petit crétin comme lui !

— Vous pouvez être sans crainte de ce côté ! répondit la fidèle servante. Mais ce qu’il y a de comique, monsieur Michel, — faites donc attention à ne pas renverser de la sauce sur la nappe ! — ce qu’il y a de comique, c’est qu’il s’imagine que votre père est mort, et que vous tenez la chose secrète !

Michel fredonna un air.

— L’animal me paiera tout cela ! dit-il.