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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/171

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simples. Mon ami est un homme d’un tempérament passionné, et accoutumé à la vie patriarcale de son pays. Vous voyez la chose d’ici : un malheureux voyage en Europe, suivi de la malheureuse rencontre avec un soi-disant comte étranger, qui a une très jolie fille. M. Thomas a tout à fait perdu la tête. Il s’est offert, il a été accepté, et il a écrit, — écrit sur un ton que je suis sûr qu’il doit bien regretter à présent ! Si ces lettres étaient jamais produites en justice, c’en serait fait de l’honneur de M. Thomas !

— Dois-je comprendre… commença Gédéon.

— Non, non cher monsieur, reprit gravement l’Australien, il est impossible que vous compreniez tant que vous n’aurez pas vu les lettres en question !

— Voilà, en vérité, une circonstance fâcheuse ! dit Gédéon.

Plein de pitié, il lança un coup d’œil sur le coupable ; puis, voyant sur le visage de celui-ci toutes les marques d’une confusion affreuse, il se hâta de détourner les yeux.

— Mais cela ne serait encore rien, poursuivit sévèrement M. Dickson : et, certes, monsieur, certes, j’aurais souhaité de tout mon cœur que M. Thomas ne se fût point déshonoré comme il l’a fait. Il est sans excuse, monsieur ! Car il était fiancé, à ce moment, — il l’est même encore, —