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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/169

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pressionné par l’attitude modeste, presque timide, de ce petit homme, la simplicité et la gaucherie de ses manières.

— Quelle race étonnante que ces Américains ! songeait-il. Regardez-un peu ce petit homme tout effarouché, vêtu comme un musicien ambulant, et pensez à la multiplicité des intérêts qu’il tient dans ses mains !

— Mais, reprit-il tout haut, ne ferions-nous pas bien d’en venir directement aux faits ?

— Monsieur est un homme pratique, à ce que je vois ! dit l’Australien. Eh bien ! oui, j’en arrive aux faits. Sachez donc, monsieur, qu’il s’agit d’une rupture de promesse de mariage !

Le malheureux Pitman était si peu préparé à cette situation nouvelle qu’il eut peine à retenir un cri.

— Mon Dieu ! dit Gédéon, les affaires de ce genre sont souvent très ennuyeuses ! Exposez-moi tous les détails du cas ! ajouta-t-il avec bonté. Si vous voulez que je vous vienne en aide, ne me cachez rien !

— Dites-lui tout vous-même ! dit à son compagnon Michel, qui, apparemment, avait conscience d’avoir achevé sa part du rôle. Mon ami va vous raconter tout cela ! ajouta-t-il en se tournant vers Gédéon, avec un bâillement. Et vous m’excuserez,