Ouvrir le menu principal

Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/141

Cette page a été validée par deux contributeurs.


dit-il, buvez ça ! Et n’ayez pas peur de tout m’avouer ! Vous savez que je resterai toujours votre ami !

Mais Pitman reposa le verre sur la table sans avoir eu le courage d’y goûter.

— Je vous jure devant Dieu, dit-il, que ceci est pour moi un nouveau mystère ! Dans mes pires cauchemars, je n’ai jamais rêvé rien de pareil. Je vous jure que je ne serais pas homme à écraser une mouche !

— Ça va bien ! répondit Michel avec un profond soupir de soulagement. Je vous crois, mon pauvre vieux ! — Et il serra énergiquement la main de son ami. — Excusez-moi, reprit-il un moment après : mais l’idée m’était venue que vous vous étiez peut-être débarrassé de M. Semitopolis !

— Ma situation n’aurait pas été plus affreuse si même je l’avais fait ! gémit Pitman. Je suis un homme perdu ! Tout est fini pour moi !

— En premier lieu, dit Michel, éloignons ceci de notre vue : car je dois vous avouer, mon cher Pitman, que cette visite de votre ami ne me revient que médiocrement. (Et il frissonnait de nouveau.) Où allons-nous pouvoir le fourrer ?

— Vous pourriez peut-être transporter la chose dans le cabinet qui est là, si du moins vous avez le courage d’y toucher ! murmura Pitman.