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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/133

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cuir, tout usé. Il le posa sur la table, devant la fenêtre, en tira une feuille de ce papier à lettres couleur café au lait qui lui servait pour ses relations écrites avec la directrice du pensionnat où il donnait des leçons, et, laborieusement, il parvint à rédiger la lettre suivante :


« Cher monsieur Finsbury, serait-ce trop présumer de votre obligeance que de vous prier de venir me voir un moment, ce soir même ? Le sujet qui me préoccupe, et sur lequel j’ai à vous demander conseil, est des plus importants : car il s’agit de la statue d’Hercule, appartenant à M. Semitopolis, dont j’ai déjà eu l’occasion de vous parler. Je vous écris dans un grand état d’agitation et d’inquiétude : je crains, en vérité, que ce chef-d’œuvre de l’art antique ne se soit égaré. Et j’ai en outre pour m’affoler une autre perplexité qui, d’ailleurs, se rattache à celle-là. Veuillez, je vous en prie, excuser l’inélégance de ce griffonnage, et croyez-moi votre tout dévoué

« William D. Pitman. »


Muni de cette lettre, il se mit en route, et alla sonner à la porte du numéro 233, dans King’s Road, la rue voisine : c’est à cette adresse que l’avoué Michel Finsbury avait son domicile par-