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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/12

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petite fortune de celle-ci. Joseph était ce qu’on peut appeler un « bon enfant » : et cependant ce ne fut qu’à contre-cœur qu’il accepta cette nouvelle responsabilité, inséra une annonce pour demander une gouvernante, et acheta, d’occasion, une voiture de bébé. Bien plus volontiers il avait accueilli, quelques mois auparavant, ses deux neveux, Maurice et Jean ; et cela non pas autant à cause des liens de parenté que parce que le commerce des cuirs (où, naturellement, il s’était hâté d’engager les trente mille livres qui formaient la fortune de ses neveux) avait manifesté, depuis peu, d’inexplicables symptômes de déclin. Un jeune, mais capable Écossais, fut ensuite choisi comme gérant de l’entreprise : et jamais plus, depuis lors, Joseph Finsbury n’eut à se préoccuper de l’ennuyeux souci des affaires. Laissant son commerce et ses pupilles entre les mains du capable Écossais, il entreprit un long voyage sur le continent et jusqu’en Asie Mineure.

Avec une Bible polyglotte dans une main et un manuel de conversation dans l’autre, il se fraya successivement son chemin à travers les gens de douze langues différentes. Il abusa de la patience des interprètes, sauf à les payer (le juste prix), quand il ne pouvait pas obtenir leurs services gratuitement ; et je n’ai pas besoin d’ajouter qu’il rem-