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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/115

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douleur qu’il ressentit acheva de l’exaspérer. Dans un accès soudain de fureur impulsive, il saisit le marteau que Gédéon Forsyth avait laissé à terre, et, sans voir ce qu’il faisait, asséna un coup dans la direction de la statue. Il entendit un craquement sec.

« Mon Dieu ! qu’est-ce que j’ai encore fait ? » gémit Maurice. Il alluma une allumette et courut chercher un bougeoir, dans la cuisine. « Oui, se dit-il en considérant, à la lueur de sa bougie, le pied de l’Hercule, qu’il venait de briser, oui, je viens de mutiler un chef-d’œuvre antique. Je vais en avoir pour des milliers de livres ! »

Mais, tout à coup, un espoir sauvage l’illumina : « Voyons un peu ! reprit-il. Je suis débarrassé de Julia ; je n’ai rien à démêler avec cet idiot de Forsyth ; les porteurs étaient ivres morts ; les deux camionneurs ont été congédiés ; parfait ! Je vais simplement tout nier ! Ni vu, ni connu ; je dirai que je ne sais rien ! »

Dès la minute suivante, il était debout, de nouveau, en face de l’Hercule, les lèvres serrées, brandissant dans sa main droite le marteau à casser le charbon, et, dans l’autre main, un massif hache-viande. Une minute encore, et il s’attaqua résolument à la caisse d’emballage. Deux ou trois coups bien appliqués lui suffirent pour ache-