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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/102

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le baril… « Seigneur Dieu ! » s’écria Maurice à cette pensée, en portant la main à son front tout gonflé de sueur.

La première conception d’un manquement à la loi a volontiers, pour l’imagination, quelque chose d’excitant : le projet, encore à l’état d’ébauche, s’offre sous des couleurs vives et attrayantes. Mais il n’en est pas de même lorsque, plus tard, l’attention du criminel se tourne vers ses rapports possibles avec la police. Maurice, à présent, se disait qu’il n’avait peut-être pas suffisamment pris en considération l’existence de la police, lorsqu’il s’était embarqué dans son entreprise. « Je vais avoir à jouer très serré ! » songea-t-il ; et un petit frisson de peur courut tout le long de son épine dorsale.

— Les grandes lignes, ou la banlieue ? lui demanda tout à coup le cocher, à travers le petit guichet du plafond.

— Grandes lignes ! répondit Maurice. Après quoi il décida que cet homme aurait, tout de même, son shilling de pourboire.

« Ce serait folie d’attirer l’attention sur moi en ce moment ! » se dit-il. « Mais la somme que cette affaire-là va me coûter, au bout du compte, commence à me faire l’effet d’un cauchemar ! »

Il traversa la salle des billets, et, misérable-