Page:Stendhal - Romans et Nouvelles, II, 1928, éd. Martineau.djvu/222

Cette page a été validée par deux contributeurs.


CHAPITRE V




C
ette aventure donna une profonde inquiétude à notre héros ; les soupçons de Delangle n’étaient point apaisés, et il n’était pas homme à oublier ou négliger les conséquences d’une idée qui, une fois, était entrée dans sa tête. L’inquiétude que ce soupçon donnait au jeune peintre le fit réfléchir ; il fut obligé de convenir avec lui-même que, s’il était séparé de Valentine, l’oublier entièrement comme une connaissance des eaux ne serait point l’affaire de trois jours. Delangle pouvait lui fermer à jamais la porte de la maison Boissaux ; cette idée le fit frémir ; puis il fut en colère contre lui-même de se trouver ému à ce point. Il avait réellement peur de Delangle ; cette peur lui faisait honte ; comme par instinct, il rechercha l’amitié de Boissaux. L’un des receveurs généraux qui savent le mieux faire honneur à leur fortune ayant quitté une jolie maison de campagne, qu’il avait louée à Viroflay, Féder cria à Boissaux :

— Emparez-vous de cette maison ; il