Page:Stendhal - Romans et Nouvelles, II, 1928, éd. Martineau.djvu/121

Cette page a été validée par deux contributeurs.
109
LE CHEVALIER DE SAINT-ISMIER


de lui rappeler dans quel effroyable danger je tombe si l’on me met en prison. »

Mais cette remarque prudente ne peut venir qu’à un homme qui a grand peur ; et il ne put se résoudre à encourir le mépris d’une personne qui avait une mine si haute.

Alix ouvrit la porte, le chevalier offrit son bras à cette jeune personne si belle et si imposante, dont il ne savait pas même le nom. On traversa le palier du petit escalier de marbre. Alix poussa un bouton caché au fond d’une moulure, et l’on entra par une porte dérobée dans une vaste galerie de tableaux.

Nous avouerons que le chevalier, en y entrant, serrait fortement la poignée de son épée.

« C’est ici, Monsieur, dit Marguerite, que je vous proposerai de vous cacher jusqu’à ce que ma mère ait pu être informée des évènements étranges qui, cette nuit, vous ont amené chez elle. Il est juste de vous informer, Monsieur, que vous êtes chez la princesse de Foix. Les gardes de M. Rochegude n’oseraient pénétrer dans cet hôtel. »

— Mademoiselle, répliqua Alix, il me semble impossible que Monsieur habite la même maison que vous. Si une telle chose se savait, on ne pourrait pas la nier.