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ROMANS ET NOUVELLES

Il aperçut de loin une maison où il y avait de la lumière.

« Quand ce serait le diable, se dit-il, il faut que je lui parle. »

Comme il approchait, il entendit un grand bruit. Il écoutait fort attentivement, cherchant à deviner ce que ce pouvait être, lorsqu’une petite porte s’ouvrit. Une grande lumière fit irruption dans la rue ; il vit un fort beau jeune homme, mis avec une magnificence qui approchait de la recherche. Ce beau jeune homme avait l’épée à la main ; il se fâchait, mais n’avait pas l’air en colère, ou du moins c’était une colère de fatuité. Les gens qui l’entouraient avaient l’air de subalternes et semblaient chercher à l’apaiser. En approchant de la porte le chevalier entendit que ce jeune homme si bien mis se fâchait, les autres cherchaient à l’apaiser et l’appelaient M. le comte.

Saint-Ismier était encore à quinze ou vingt pas de cette porte qui était si vivement éclairée,lorsque ce beau jeune homme, qui depuis une demi-minute était sur le pas de la porte, en sortit vivement, criant toujours comme un homme qui se fâche pour être admiré, et agitant follement son épée, qu’il avait toujours à la main ; il était suivi d’un autre homme presque aussi bien vêtu que lui. Saint-Ismier