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Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/167

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accompagnée de sa mère, alla s’établir dans le palais du prince Orsini. Quelques-uns dirent que ces femmes furent portées à cette démarche par le soin de leur sûreté personnelle, la corte paraissant les menacer comme accusées de consentement à l’homicide commis, ou du moins d’en avoir eu connaissance avant l’exécution ; d’autres pensèrent (et ce qui arriva plus tard sembla confirmer cette idée) qu’elles furent portées à cette démarche pour effectuer le mariage, le prince ayant promis à Vittoria de l’épouser aussitôt qu’elle n’aurait plus de mari.

Toutefois, ni alors ni plus tard, on n’a connu clairement l’auteur de la mort de Félix, quoique tous aient eu des soupçons sur tous. La plupart cependant attribuaient cette mort au prince Orsini ; tous savaient qu’il avait eu de l’amour pour Vittoria, il en avait donné des marques non équivoques ; et le mariage qui survint fut une grande preuve, car la femme était d’une condition tellement inférieure, que la seule tyrannie de la passion d’amour put l’élever jusqu’à l’égalité matrimoniale. Le vulgaire ne fut point détourné de cette façon de voir par une lettre adressée au gouverneur de Rome, et que l’on répandit peu de jours après le fait.