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Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/51

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Chap.
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tres-bien, & non le mesme jour qu’elle est dans son plain : quand on est le maistre du temps, & qu’on agit par précaution, on peut s’attacher à ces observations qui sont tres-bonnes.

De plus, à tout Cheval qui jette par le nez, on doit nettoyer avec du foing le plus souvent qu’il est possible, la matiere qui sort par les nazeaux, parce qu’il y trouve quelque goust à cause que c’est un espece de sel, il le leche & l’avalle, & comme il est acre & mordicant, il peut faire des ulceres dans les parties.

Il faut encore prendre soing que le Cheval qui jette sa gourme, ne boive point d’eau cruë, mais bien de l’eau qui ait boüilly, dans laquelle il faut mettre du son, ou plûtost de la farine : s’il la veut boire chaude, ce sera tant mieux, mais peu la veulent autrement que froide ou tiede.

Il est toujours tres à propos de separer le Cheval qui jette, des autres : car non seulement ce mal se communique, mais un Cheval peut prendre la morve de celuy qui ne jettera que la gourme, quand mesme il ne lecheroit point ce qui sort par le nez à son compagnon ( ce qu’il fera s’il peut ) l’odeur seule est capable de luy communiquer ce mal, qui se peut prendre aussi en beuvant dans un mesme sceau.

Nous donnerons encore parlant de la morve, d’autres remedes pour faire jetter abondamment les Chevaux par le nez: vous y pouvez avoir recours, quoy que celuy-cy soit excellent lors qu’il n’y a point d’ulcere dans les visceres.

Si en luy donnant ce remede, l’évacuation en estoit si grande qu’il perdist le manger, ce qui arrive tres-rarement, donnez-luy de l’opiatte cy-devant, ou des poudres cordiales : si tout cela ne le remettoit point en goust, il faut luy faire mâcher les pilules gourmandes, cy-devant.


CHAP.
ⅩⅢ.
De la fausse Gourme.

LA fausse Gourme vient de ce que les humeurs n’ont pas esté disposées pour produire cette fermentation qui est la cause de la gourme dans le temps ordinaire où les Chevaux la jettent : ce deffaut de fermentation peut venir ou de force ou de debilité de la nature, & le plus souvent cette fermentation ou agitation des humeurs aura esté imparfaite & se sera faite foiblement, manque de secours par de bons remedes, ainsi le Cheval jettera imparfaitement sa gourme, & partie du levain restera qui dans son temps agitera les humeurs qui se trouveront disposées, & lors