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rion s’endormit un peu avant le jour. J’écoutais attentivement le son des cloches, car je savais que le supplice avait lieu de très-bonne heure et qu’on sonnerait l’agonie à toutes les églises. Nayl fit le signe de la croix quand il entendit le premier son lugubre. Marion se dressa sur son lit les yeux ouverts : elle écouta le son des cloches, regarda le corps de sa mère, et je vis qu’elle avait toute sa raison. Comme elle était toute vêtue, elle descendit du lit, embrassa d’abord son père, et se jeta ensuite à mon cou tout en larmes. C’était la première fois qu’elle me donnait une telle preuve d’affection. Elle avait bien raison de me traiter en frère, car j’en étais un pour elle, et je le suis encore après tant d’années. Ce premier moment passé, elle s’essuya les yeux et se mit à ran-