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jeter de l’eau bénite sur le corps. Enfin, nous entendîmes un grand bruit et des sanglots. C’était Marion qu’on apportait, l’œil hagard, l’écume à la bouche, en proie à une violente attaque de nerfs qui ressemblait à l’épilepsie. La mort de sa belle-mère, la vue des condamnés, la pensée de leur supplice si prochain, avaient été trop forts pour elle ; cette nature si forte et si calme avait cédé à la fin.

Quand elle était entrée dans le cachot funèbre, quand elle avait entendu les condamnés répéter leurs meurtrières dénégations, quand elle avait vu Nayl découvrir ses cheveux blancs et se traîner à leurs pieds en poussant des sanglots déchirants, elle avait perdu tout empire sur elle-même, et à un moment on avait craint de la perdre. On