Page:Simon - La Peine de mort, 1869.djvu/141

Cette page a été validée par deux contributeurs.


nous trouvions les plus vives sympathies ; mais aucun témoignage, pas un mot, pas un fait, qui pût changer le caractère du procès et autoriser nos espérances. Nous retournâmes une seconde fois à Bignan après la cassation ; mais nous sentîmes à ce second voyage que l’opinion s’était retournée contre nous. Quinze jours auparavant, on ne voyait que notre malheur, et tout le monde le jugeait irrémédiable. À présent qu’un nouveau procès devenait nécessaire, on ne pensait plus uniquement aux condamnés ; on comprenait la nécessité de sauver les autres. Marion n’avait-elle pas elle-même obéi à ce sentiment, quand elle avait dit à son mari en pleine cour d’assises : « Plutôt mourir que de se faire dénonciateur ? » On lui rappelait ces belles paroles, en l’acca-