Page:Simon - La Peine de mort, 1869.djvu/107

Cette page a été validée par deux contributeurs.


eux, dites-le, qu’ils sont innocents ! »

— Oui, m’écriai-je, car sa foi passait en moi ; et en la voyant, je retrouvais dans ma pensée mes pauvres amis tels que je les avais connus, si purs, si naïfs, si bons, si éloignés de tout fanatisme ; oui, je le crois, je le crois comme vous !

— « Et que Dieu soit loué ! criait la pauvre femme. Et vous voyez bien, père, disait-elle ; » et elle me jetait à lui. Mais le vieillard se détournait contre le mur, peut-être parce qu’il pleurait. Je sortais de là la tête en feu ; tout mon sang brûlait. Il y avait un calvaire tout près, à la porte de l’église du Mené ; je me jetais à genoux devant, sans me soucier de ceux qui passaient. Le monde m’était indifférent dans une telle douleur. J’entendais qu’on disait : « C’est l’ami des prison-