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sitôt à leur auberge. Je me souviens que je hâtais toujours le pas pour y aller, dans l’espoir d’apprendre du nouveau, et qu’arrivé au bas de l’escalier, j’y restais quelquefois un quart d’heure sans oser monter. J’étais sûr de les trouver tous les trois ; car ils ne sortaient chaque jour qu’une heure pour aller à la prison. Le père se tenait toujours debout près de la fenêtre ; Madame Nayl, la mère, pleurait sur un tabouret au coin du foyer. Pour la bru, je ne pourrai jamais dire le respect et l’admiration qu’elle m’inspirait. Ce n’était pas une héroïne de roman, tant s’en faut ; elle avait une figure assez commune, de grosses mains habituées à remuer la terre, à couler la lessive, à teiller le chanvre. Elle portait le costume disgracieux des filles de Saint-Allouestre et de