Page:Silvestre - Les Ailes d’or, 1891.djvu/88

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


LES TEMPLES

L’âme d’un monde mort habite nos enceintes ;
Le feu d’un astre éteint brûle dans notre encens.
Le tabernacle d’or dont les dieux sont absents
Reste ouvert, comme un gouffre au vent des hymnes saintes.

La paix qui nous entoure est celle des tombeaux ;
D’un reste de ferveur la pitié nous décore.
Mais, comme dans le jour incertain d’une aurore,
Sous nos arceaux profonds pâlissent les flambeaux.