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vin qui l’a poussé ; — et, maintenant qu’il est plus sage, nous lui pardonnons.


SCROOP.

— C’est là de la clémence, mais de l’imprudence excessive. — Permettez qu’il soit châtié, mon souverain, de peur que l’exemple — de son impunité ne lui suscite des imitateurs.


LE ROI.

— Oh ! n’importe. Soyons clément.


CAMBRIDGE.

— Votre Altesse peut l’être, et cependant punir.


GREY.

— Sire, vous ferez preuve de grande clémence si vous lui accordez la vie — après lui avoir infligé une correction exemplaire.


LE ROI.

— Hélas ! votre affection et votre sollicitude excessive pour moi — sont d’accablantes plaidoiries contre ce pauvre misérable. — Si nous ne devons pas fermer les yeux sur de petites fautes, — conséquences de l’intempérance, combien grands faudra-t-il les ouvrir, — quand des crimes capitaux, longuement ruminés, consommés et digérés, — surgiront devant nous ? Nous voulons faire élargir cet homme, — bien que Cambridge, Scroop et Grey, dans leur profonde sollicitude — et leur tendre intérêt pour notre personne, — désirent qu’il soit puni. Passons maintenant aux affaires de France. — Quels sont les commissaires récemment choisis ?


CAMBRIDGE.

Moi, milord. — Votre Altesse m’a dit de demander aujourd’hui ma commission.


SCROOP.

— Ainsi qu’à moi, mon suzerain.


GREY.

Et à moi, mon royal souverain.