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une calme traversée ; car, autant que nous pourrons, — nous tâcherons que personne n’ait de nausées durant notre représentation. — Mais c’est seulement après le départ du roi, et point avant, — que nous transférerons la scène à Southampton.



Scène III.

[La taverne d’East-Cheap.]


Entrent Nym et Bardolphe.



BARDOLPHE.

Heureuse rencontre, caporal Nym.


NYM.

Bonjour, lieutenant Bardolphe.


BARDOLPHE.

Eh bien ! l’enseigne Pistolet et vous, êtes-vous encore amis ?


NYM.

Pour ma part, je ne m’en soucie pas. Je dis peu de chose : mais, quand l’occasion se présentera, on échangera des sourires. Mais advienne que pourra. Je ne suis pas homme à ferrailler, mais je clignerai de l’œil et je tiendrai mon épée en garde. C’est une simple lame ; mais quoi ! elle peut embrocher une rôtie de fromage, et endurer le froid autant qu’une autre ; et voilà !


BARDOLPHE.

Je veux payer un déjeuner pour vous réconcilier ; et nous partirons tous trois frères d’armes pour la France. Arrangeons ça, bon caporal Nym.


NYM.

Ma foi, je vivrai tant que je pourrai, c’est certain ; et quand je ne pourrai plus vivre, je ferai comme je pourrai ; voilà ma résolution ; voilà mon but.