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— pour reconquérir vos droits dans le sang, avec le fer et le feu ! — Dans ce but, nous, gens du spirituel, — nous fournirons à Votre Altesse une somme plus considérable — qu’aucun subside offert jusqu’ici — par le clergé à vos ancêtres (7).


LE ROI.

— Non-seulement nous devons nous armer pour envahir la France ; — mais il nous faut lever des forces suffisantes pour nous défendre — contre les Écossais, qui peuvent se ruer sur nous — avec tout avantage.


CANTORBÉRY.

— Les populations des Marches, gracieux souverain, — seront un rempart suffisant pour défendre — notre île contre les pillards de la frontière.


LE ROI.

— Nous ne parlons pas seulement des incursions des maraudeurs ; — nous craignons une levée en masse des Écossais, — qui ont toujours été pour nous des voisins turbulents. — Vous verrez dans les livres que mon arrière-grand’père — n’est jamais passé en France avec ses troupes, — que l’Écossais n’ait débordé — sur le royaume dégarni, comme la marée par une brèche, — dans la plénitude de ses forces, — ruinant le pays désert par de brûlantes irruptions, — investissant par des sièges acharnés nos châteaux et nos villes ; — si bien que l’Angleterre, vide de défenseurs, — frémissait et tremblait à leur funeste approche.


CANTORBÉRY.

— Elle a eu alors plus de peur que de mal, mon suzerain : — car voyez l’exemple qu’elle s’est donné à elle-même. — Tandis que toute sa chevalerie était en France, — et qu’elle était la veuve en deuil de ses nobles, — non-seulement elle se défendit parfaitement, — mais elle prit et traqua comme une bête fauve — le roi d’Écosse, qu’elle