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arbalétriers, le seigneur de Dampierre, amiral de France, messire Guichard Dauphin, et aucuns autres capitaines. Le comte de Vendôme, et aucuns autres officiers du roi, atout seize cents hommes d’armes, fut ordonné faire une aile pour férir les dits Anglais de côté ; et l’autre aile conduisaient messire Clignet de Brabant, amiral de France, et messire Louis Bourdon, atout huit cents hommes d’armes de cheval, gens d’élite, avec les quels étaient, pour rompre le trait d’iceux Anglais, messire Guillaume de Saveuse, Hector et Philippe, ses frères, Ferry de Mailly, Aliaume de Gapaumes, Alain de Vendôme, Lamont de Launoy et plusieurs autres, jusqu’au nombre dessus dit.

Et en l’arrière-garde était tout le surplus des gens d’armes, lesquels conduisaient les comtes de Marie, de Dammartin, de Fauquembergue, et le seigneur de Lauroy, capitaine d’Ardre, qui avait amené ceux des frontières de Boulenois.

Et après que toutes les batailles dessus dites furent mises en ordonnance, comme dit est, c’était grand’noblesse de les voir. Et, comme on pouvait estimer à la vue du monde, étaient bien en nombre six fois autant que les Anglais. Et lorsque ce fut fait, les dits Français séaient par compagnies divisées, chacun au plus près de sa bannière, attendant la venue des dits Anglais, en eux repaissant, et aussi faisant, l’un avec l’autre, paix et union ensemble des haines, noises et dissensions qu’ils pouvaient avoir eues en temps passé les uns contre les autres. Et furent en ce point jusque entre neuf et dix heures du matin, tenants iceux Français pour certain, vu la grand’multitude qu’ils étaient, que les Anglais ne pourraient échapper de leurs mains. Toutefois y en avait plusieurs des plus sages, qui moult doutaient et craignaient à les combattre en bataille réglée.