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pour l’occupation du roi son père, fît présentement assembler le grand conseil, et remanda à venir à Paris le duc de Berry, son oncle, et aucuns autres sages, et tint plusieurs conseils pour savoir sur cette matière comment il s’aurait à conduire et gouverner. Si fut délibéré qu’on ferait préparer gens d’armes par toutes les parties du pays du royaume de France, pour être prêts pour résister et aller à l’encontre du dit roi d’Angleterre et les siens ; et outre, qu’on envoierait devers le dit roi d’Angleterre une solennelle ambassade pour lui faire aucunes offres raisonnables assez, selon les requêtes qu’avaient faites ses derniers ambassadeurs, à laquelle faire furent commis le comte de Vendôme, maître Guillaume Bouratier, archevêque de Bourges, l’évêque de Lisieux, nommé maître Pierre Franel, les seigneurs d’Ivry et de Braquemont, maître Gautier Col, secrétaire du roi, et maître Jean Andrieu, avec autres du grand conseil.

Lesquels, partant de Paris, allèrent à Douvres en Angleterre. Si étaient trois cent cinquante chevaucheurs. En après allèrent à Cantorbie ; duquel lieu furent menés par les gens du roi anglais par Rochestre jusqu’à Londres, et en la fin vinrent à Vincestre, auquel lieu devant le roi, les ducs de Clarence, de Bedford et de Glocester, ses frères, par la bouche de l’archevêque de Bourges, ils exposèrent leur ambassade au dit roi. Lequel archevêque exposa premièrement en latin, et après en français si éloquemment, si distinctement, si brièvement et si sagement que les Anglais et les Français ses compagnons grandement s’en émerveillèrent. En la fin de sa dite proposition offrirent au dit roi terre et très-grand’somme de pécune, avec la fille du roi de France qu’il prendrait à femme ; mais pour ce qu’il voulait délaisser et défaire son armée qu’il assemblait au port de Hantonne (Southampton) ; et par ainsi on accorderait et ordonnerait