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douleur — la perte entière de tout le royaume de France.


WARWICK.

— Patience, York ! si nous concluons une paix, — ce sera à de si sévères et si strictes conditions — que les Français y gagneront peu.


Entrent Charles et sa suite, Alençon, le Bâtard, René et autres.



CHARLES.

— Lords d’Angleterre, puisqu’il est convenu — qu’une trêve pacifique sera proclamée en France, — nous venons savoir de vous-mêmes — quelles seront les conditions de ce pacte.


YORK.

— Parlez, Winchester ; car la bouillante colère qui me suffoque, — à la vue de nos funestes ennemis, — ferme le passage à ma voix empoisonnée.


WINCHESTER.

— Charles, et vous tous, voici ce qui a été décidé : — Considérant que le roi Henry consent, — par pure compassion et par pure indulgence, — à délivrer votre pays d’une guerre désastreuse — et à vous laisser respirer au sein d’une paix fructueuse, — vous deviendrez les loyaux vassaux de sa couronne. — Et toi, Charles, à cette condition que tu jureras — de lui payer tribut et de te soumettre, — tu seras placé comme vice-roi sous ses ordres, — tout en jouissant de la dignité royale.


ALENÇON.

— Faut-il donc qu’il ne soit plus que l’ombre de lui-même, — qu’il orne son front d’une couronne, — et que, quant à la substance même de l’autorité, — il ne conserve que le privilége d’un simple sujet ! — Cette proposition est absurde et déraisonnable.