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deux comtés, je m’y engage, — Votre Grâce les possédera en pleine quiétude.


RENÉ.

— Eh bien, au nom du roi Henry, — comme représentant de ce gracieux prince, — reçois la main de ma fille, en gage de sa foi.


SUFFOLK.

— René de France, je te rends de royales actions de grâces, — car je sers ici les intérêts d’un roi.

À part.

— Et pourtant je serais bien aise, il me semble, — d’être ici mon propre procureur.

Haut.

— Je vais donc partir pour l’Angleterre avec cette nouvelle, — et presser cette solennité nuptiale. — Sur ce, adieu, René ! Mets ce diamant en sûreté — dans le palais d’or qui lui convient.


RENÉ.

— Je t’embrasse, comme j’embrasserais — ce prince chrétien, le roi Henry, s’il était ici.


MARGUERITE.

— Adieu, milord. Les souhaits, les louanges et les prières — de Marguerite sont pour toujours assurés à Suffolk.

Elle va pour s’éloigner.

SUFFOLK.

— Adieu, ma chère dame ! Mais écoutez, Marguerite… — Aucun compliment princier pour mon roi ?


MARGUERITE.

— Portez-lui tous les compliments qui siéent — à une jeune fille, à une vierge, à sa servante.


SUFFOLK.

— Paroles bien placées et mesurées par la modestie ! — Mais, madame, il faut que je vous importune encore… — Aucun gage d’amour pour Sa Majesté ?