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avec mon roi, — mariage auquel je l’ai moi-même engagée et décidée, non sans peine ; — et cette captivité bien douce — aura valu à ta fille une liberté princière.


RENÉ.

— Suffolk parle-t-il comme il pense ?


SUFFOLK.

La belle Marguerite sait — que Suffolk ne flatte pas, ne dissimule pas, ne ment pas.


RENÉ.

— Sur ta foi de grand seigneur, je descends — pour signifier ma réponse à ta noble demande.


SUFFOLK.

— Et moi j’attends ici ta venue.

René quitte le rempart.


Fanfare. René paraît au bas de la muraille.



RENÉ.

— Brave comte, soyez le bienvenu sur nos territoires. — Commandez en Anjou selon le bon plaisir de Votre Honneur.


SUFFOLK.

— Merci, René, heureux père de cette charmante enfant, — faite pour être la compagne d’un roi. — Que répond Votre Grâce à ma requête ?


RENÉ.

— Puisque tu daignes courtiser son faible mérite — pour faire d’elle la princière épouse d’un tel seigneur, — qu’on me laisse posséder en toute quiétude — mes comtés du Maine et d’Anjou, — à l’abri de toute oppression et des coups de la guerre ; — et, à cette condition, ma fille sera à Henry, s’il le désire.


SUFFOLK.

— Voilà sa rançon, je lui rends la liberté ; — quant à ces