Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1873, tome 12.djvu/276

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.




Scène XVI.

[En France. Devant Bordeaux.]


Entre Talbot avec ses troupes.



TALBOT.

— Trompette, va aux portes de Bordeaux, — et somme le général de paraître sur les remparts.

Le trompette sonne une chamade.

— Capitaines, celui qui vous appelle est l’Anglais John Talbot, — homme d’armes au service de Henry, roi d’Angleterre, — et voici ce qu’il dit : Ouvrez les portes de votre cité ; — humiliez-vous devant nous ; acclamez mon souverain comme le vôtre, — rendez-lui hommage en sujets obéissants, — et je m’éloignerai, moi et mes forces sanguinaires. — Mais, si vous faites fi de la paix que je vous offre, — vous provoquerez la furie de mes trois satellites, — la famine étique, l’acier tranchant et le feu dévorant, — qui, dans un moment, raseront au niveau du sol — vos tours majestueuses et bravant le ciel, — pour peu que vous repoussiez cette offre d’amitié.


LE GÉNÉRAL.

— Sinistre et affreux hibou de la mort, — terreur et sanglant fléau de notre nation, — le terme de ta tyrannie approche. — Tu ne peux entrer chez nous que par la mort. — Car, je te le déclare, nous sommes bien fortifiés, — et en état de faire des sorties et de combattre. — Si tu te retires, le Dauphin, bien escorté, — est prêt à t’envelopper dans les lacs de la guerre. — Partout autour de toi des escadrons sont postés — pour opposer une muraille à tes velléités de fuite. — Tu ne peux te tourner d’aucun côté pour te sauver, — que la mort ne te fasse front avec ses imminents ravages, — et que tu ne te trouvés face à face