Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1873, tome 12.djvu/270

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


toujours résolus dans les plus graves extrémités. — Celui-là donc qui n’est pas doué de la sorte — usurpe le nom sacré de chevalier, — profanant cet ordre très-honorable, — et devrait (si je suis apte à en juger) — être à jamais dégradé, comme un rustre né sous la haie — qui prétendrait être d’un noble sang.


LE ROI HENRY, à Falstaff.

— Opprobre de tes compatriotes ! tu entends ton arrêt ; — plie donc vite bagage, toi qui fus chevalier ; — désormais nous te bannissons sous peine de mort.

Falstaff sort (42).

— Et maintenant, milord protecteur, voyez la lettre — qui nous vient de notre oncle le duc de Bourgogne.


GLOCESTER, lisant la suscription.

— Que veut dire Sa Grâce, qu’elle a changé sa formule ? — Rien que cette adresse familière et leste : Au Roi ! — A-t-il oublié que ce roi est son souverain ? — Cette suscription insolente — indique-t-elle un changement dans ses sympathies ? — Qu’y a-t-il là ?

Il lit.

Pour des causes spéciales, — ému de compassion par le désastre de mon pays, — ainsi que par les plaintes touchantes — de ceux que dévore votre oppression, — j’ai abandonné votre faction funeste, — et me suis allié à Charles, le roi légitime de France.

— Ô monstrueuse trahison ! se peut-il — que l’alliance, l’amitié, les serments — aient pu recéler une aussi perfide intrigue !


LE ROI HENRY.

— Quoi ! mon oncle de Bourgogne déserte !


GLOCESTER.

— Oui, milord, et il est devenu votre ennemi.


LE ROI HENRY.

— Est-ce là tout ce que cette lettre contient de plus mauvais ?